Métaphysique et philosophie
Liste des articles
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Rencontre avec Guillaume Lurson. « Refonder une philosophie de l’âme »
Formé très tôt à la réflexion métaphysique, l’auteur a trouvé dans les grandes questions abstraites – l’être, la liberté, l’âme – un accès privilégié au fondement des problèmes humains. Marqué par Kant, puis nourri par Platon et Plotin, il a longtemps éprouvé la tension entre le désir d’absolu et ses limites. Sa thèse consacrée à Félix Ravaisson (1813-1900) l’a conduit à repenser la métaphysique au-delà de la séparation entre ontologie et théologie, en cherchant les médiations reliant l’être et l’Esprit. Il défend un spiritualisme pour lequel l’Esprit traverse tous les degrés du réel et se manifeste selon des modalités diverses. Fidélité à l’Esprit, unité de l’être et de la pensée, résolution des questions morales et esthétiques : tel est l’enjeu de son livre sur Ravaison. Enfin, il esquisse le projet d’une refondation contemporaine de la philosophie de l’âme, ouverte à l’altérité et aux apports des sciences humaines.
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Rencontre avec Camille Chamois. « D’autres mondes sont-ils possibles ? »
Qu’est-ce qui a éveillé votre intérêt pour la métaphysique ? Je me suis intéressé à cette question à partir du milieu des années 2000 (donc assez tard) en étant confronté à ce qui m’apparaissait alors comme un paradoxe. D’une part, j’ai découvert qu’il existait bel et bien une activité métaphysique contemporaine particulièrement active (contrairement à ce […]
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Rencontre avec Laurent Cournarie : La métaphysique ou l’essence nostalgique de la philosophie
Ce serait certainement une excellente nouvelle d’apprendre que la métaphysique n’est pas morte. Mais on peut douter autant de ses renaissances annoncées que de ses morts rabâchées. Ce doute pourrait être le point de vue, assez « déflationniste », que nous adoptons personnellement à l’égard de la métaphysique. Être métaphysicien, faire de la métaphysique Le […]
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Ésotérisme, métaphysique et gnose, quelques éléments
Si l’ésotérisme est un voile, permettant de savoir qu’il y quelque chose derrière le voile, la métaphysique, dans la transparence de l’intelligence, est un dévoilement. Toutefois, ces deux approches ne sont que des chemins, la gnose ne s’atteint pas par ses propres forces, elle n’est jamais autre qu’un donné.
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Philosophia… pourquoi vivre avec elle ?
Une centaine de pages pour entrer dans une vie en philosophie, un voyage de vie. L’aventure que tout enfant découvre en nommant les choses, l’aventure que tout adulte plus ou moins poursuit. C’est que l’être humain est philosophe par nature, comme M. Jourdain parlait en prose. Il est même métaphysicien, disait Schopenhauer. Il n’est pas surprenant qu’on le confirme auprès de jeunes en situation de lourds handicaps. Une expérience mise au bénéfice de chacun d’entre nous. Bruno Bérard.
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Gardons-nous d’être des demi-habiles !
On retrouve chez Pascal une critique explicite de cette figure fréquente du « semi-habile », sans doute inspirée de Montaigne. Bourdieu, quant à lui, parlera des « demi-savants ». Ce qui importe ici, c’est l’idée que l’ignorance constitue à la fois le point de départ et le point d’aboutissement du chemin de connaissance — ce qui invite à une posture d’humilité. Au-delà de cette perspective philosophique, Pascal laisse aussi entrevoir une dimension que l’on pourrait qualifier de gnostique.
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Un corps pour deux
L’expérience physique concrète de la maternité (« un corps pour deux ») permet de reléguer, à leur juste place, les questionnements philosophiques sur le genre, de parler du corps féminin sans connotation de genre et de penser ce lieu d’origine de tous, à travers la grossesse, d’un « être-avec » qui précède et rend possible l’être séparé qui naîtra. En en rendant compte sociologiquement et philosophiquement, la philosophe – femme et mère de trois enfants – effleure cette métaphysique de la relation, complément nécessaire à la sempiternelle métaphysique de l’être, et les conséquences en termes d’éthique sont capitales.
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Métaphysique et axiologie
En économie, on sait qu’une forte demande contribue à donner de la valeur aux biens convoités. C’est plus subtil en philosophie. À quel titre le Bien ou le Vrai seraient-ils des valeurs ? Alors que l’axiologie (la récente science des valeurs) n’a pas réussi à s’établir, un point de vue plus métaphysique, basé sur la nature humaine tripartite (corps, psyché, esprit) semble résoudre la question.
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De ars athletica
Le sport est un mot valise, dans lequel il est intéressant de distinguer le jeu, propre aux enfants, le spectacle, propre au divertissement, la performance, propre aux Bellérophons des temps modernes – voire au transhumanisme –, la compétition, propre à une vision du monde artificiellement élitiste (en opposition au fonctionnement plus efficace de la coopération) et suivant laquelle tous sont condamnés à perdre (sauf un) et, seule partie vraiment fondamentale, l’exercice physique nécessaire à la santé.
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La science serait-elle intrinsèquement scientiste ?
La science ayant considérablement varié au cours des millénaires, nulle surprise si la dérive scientiste pouvant l’accompagner a pu varier également. Dès lors, on ne saurait définir le scientisme sans avoir d’abord caractérisé la science. Si les scientifiques ne sont quasiment jamais scientistes, on en vient néanmoins à se demander si la science ne serait pas intrinsèquement scientiste. Une fois ce doute exprimé, il faut bien tenter de le lever ou de confirmer une certaine « scientisticité » de la science.
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Diversité et unité des religions
Une « unité transcendante des religions » est problématique, comme l’a dénoncé Jean Borella à plusieurs reprises. Cet article présente ses arguments en faveur d’une unité analogique des religions et son point de vue sur ce qu’une religio perennis ne saurait être.
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Jean Borella : l’après-structuralisme
Cet article montre comment Jean Borella, en dépit d’un environnement kantiste persistant et d’un structuralisme devenu pour un temps pensée unique, a pu signer philosophiquement un retour de la métaphysique.