Issu du grec, cataphase signifie affirmation. Une théologie cataphatique affirme positivement ce que Dieu est, plutôt que de nier ce qu’Il n’est pas (théologie apophatique), ainsi la dénomme-t-on également théologie affirmative ou positive.

Des exemples de concepts positifs, parlant de Dieu, seront Sa Bonté, Sa Sagesse, Son Omnipotence… Ce qui signifie que les êtres humains peuvent connaître Dieu de manière partielle et analogue, utilisant le langage humain pour exprimer des vérités divines.

Plus précisément

Dans l’histoire de la pensée chrétienne, la théologie cataphatique s’est développée comme réponse à la nécessité de formuler des doctrines, des dogmes et des symboles intelligibles. Elle se fonde sur la conviction que Dieu se révèle, non seulement dans les Écritures, mais aussi dans la création et dans l’ordre intelligible du monde. Dès lors, les attributs positifs de Dieu — Vie, Lumière, Vérité, Justice — ne sont pas de simples projections anthropomorphiques, mais, analogiquement, les traces d’une réalité transcendante. Saint Augustin, par exemple, affirme que toute vérité rencontrée dans l’ordre créé renvoie ultimement à la Vérité incréée : Dieu.

Cependant, la théologie cataphatique suppose une double prudence. D’abord, les prédications humaines sont limitées : lorsque nous disons « Dieu est bon », le terme « bon » ne s’applique pas dans le même sens à Dieu et aux créatures. C’est pourquoi Thomas d’Aquin recourt au concept d’analogie, situé entre univocité (identité de sens) et équivocité (absence de sens commun). Ensuite, les affirmations positives risquent de rigidifier l’incompréhensibilité divine : le discours catégorisé peut donner l’illusion d’une compréhension exhaustive.

Malgré ces limites, la voie cataphatique demeure essentielle pour la vie spirituelle et liturgique. Elle permet une parole sur Dieu, condition de la proclamation, de la prédication et de l’oraison communautaire. Sans affirmation, il n’y aurait ni confession de foi, ni louange, ni dogme. Ainsi, la théologie cataphatique s’articule en tension créatrice avec la théologie apophatique : la première nomme, la seconde dépouille ; la première montre, la seconde voile. Leur complémentarité préserve à la fois l’intelligibilité du discours théologique et la transcendance infinie du Mystère.


Pour aller plus loin

– Pseudo-Denys l’Aréopagite, Théologie mystique (sur l’équilibre entre affirmation et négation).
– Thomas d’Aquin, Somme théologique, I, q.13 (sur l’analogie des noms divins).
– Maître Eckhart, Sermons (usage paradoxal de l’affirmation pour conduire au-delà du concept).
– Bruno Bérard, Métaphysique pour tous (Paris, L’Harmattan, 2021) ; trad. angl. Metaphysics for Everyone ; trad. it. Sui sentieri della metafisica ; trad. esp. ¿Qué es la metafísica? ; trad. all. Was ist Metaphysik? (sur l’articulation entre langage affirmatif et dépassement métaphysique du concept).